Ils étaient onze face à lui. Douze, si l’on compte le meilleur de tous : Jean-Pierre Pernaut, qui avait parfois l’air de se demander ce qu’il faisait là. Un « journaliste » pour animer la soirée et onze interviewers issus de la « vraie France ». Onze vrais gens choisis par la chaine pour parler de la vraie vie et de leurs vrais problèmes au Président.
Nul besoin de disserter sur les raisons, ni le contenu de cette émission exceptionnelle, « Paroles de Français ». Les premières ont déjà été amplement commentées cette semaine. Le second l’est depuis hier. Pas la peine d’aller chercher bien loin : a mi-mandat, Nicolas Sarkozy a essuyé plusieurs revers (Epad, taxe Carbone, Proglio…), et la politique de la réforme permanente semble s’essouffler. Rien de tel que le rapport direct avec le peuple pour reprendre du poil de la bête. Rien de mieux que d’aller défendre son action sans contradicteur de son étoffe. Pourtant, face à ces Français plus vrais que nature, le Président est assez loin d’avoir brillé. Récitation de fiches assez maladroite et défense passive de son action avec pour leitmotiv : « c’est pas de ma faute, c’est les autres – Chinois, socialistes, Obama… » Rien d’exceptionnel. Juste une soirée perdue pour ceux qui n’ont pas eu la présence d’esprit de zapper sur M6 pour regarder Anakin Skywalker.
Le plus inquiétant dans cette émission n’est pas ce qu’elle nous dit de Nicolas Sarkozy (rien, sauf peut-être sur sa façon d’employer les noms et prénoms…), mais ce qu’elle révèle du journalisme politique à la télévision.


